Âme

Age : 17 Inscrit le : 29 Oct 2007 Messages : 3
| Sujet: Nuit noire Jeu 15 Nov - 22:23 | |
| Les Anges me regardaient de haut, et j’avais l’impression de les sentir au-travers du lien qui m’unissait à chaque chose disposant du moins soupçon de pensée. Je pense donc je suis. Aucun humain ne devait supposer à quel point cette phrase est vraie quand l’on a pour seuls sentiments ceux des autres. Mais ces Anges de pierre qui dominaient leur micro-univers de leurs trois mètres de taille, ils étaient bien antipathiques. Il n’émanait d’eux que des sentiments néfastes, mauvais, sombres. Comme ceux de la plupart des hommes, mais je pensais que les Anges étaient purs. Il n’y avait pas beaucoup d’êtres purs. Les Anges n’en faisaient pas partie. Ma mission étai de les détruire, bien sûr, j’étais là pour ça, mais est-ce que je pouvais me battre contre un Ange ? Quoi que, c’était sans importance, vu que je devais les détruire. Ils étaient mauvais. D’un coup sec du bras, j’envoyai ma chaîne percuter la statue de pierre pourvue d’une âme. En même temps j’étais animé d’un étrange sentiment d’amertume. Je savais qu’il n’était pas mien mais se contentait de m’imprégner, me faisant exister l’espace de quelques instants. Amertume…Amertume parce que de simples statues de pierre avaient une âme et que moi j’en tais dépourvu. Pourquoi est-ce que je pensais ça ? Je ne savais pas, pourquoi des Anges éprouvaient-ils de l’amertume ? Encore mieux que les humains, eux étaient débarrassés du corps, il ne leur restait plus que l’âme et l’esprit. Ils n’avaient de plus élevé qu’eux que Dieu, pure âme, si on suivait le même raisonnement. Alors pourquoi diable étaient-ils rancuniers ? Je ne savais pas. Pourquoi avaient-ils ces envies de meurtre, de sang, de souffrance ? Je ne savais pas. Des Anges déchus, peut-être ? Je ne savais pas. Simple marionnette dont Petite Sœur tenait les fils, je n’avais pas de réelle importance en ce monde…Un grain de sable parmi tant d’autres…. Dans un cri de rage j’envoyai mes chaînes briser les autres statues d’Anges, tous le regard levé vers le haut, l’œil bienveillant, leurs longs cheveux semblant auréolés d’or, leurs membres minces et parfaitement proportionnés. Ils tombèrent tous l’un après l’autre sans rien faire pour m’empêcher de continue ma sombre vandalisassions, ni physiquement ni mentalement, pourtant, je le sentais, ils auraient pu. Mais au lieu de se muer en colère, voire en haine, leur amertume devint moquerie et amusement. Alors je ris, d’un rire moqueur, cynique, comme si je les accusais de ne rien valoir de plus que les monceaux de marbre blanc veiné de noir qui volaient en tous sens cous le coup de m chaîne, qui s’écrasaient sur les tombes et sur le sol, mélange de chaire à vif et de gazon par endroits, d’où jaillissaient des bouts d’os. Un fut écrasé et réduit en miettes par un bout de marbre. Les Anges ne résisteraient pas. Lycos jappa. Je ne lui accordai pas un regard, je me déplaçais, fumée sombre arpentant le cimetière en faisant exploser tout ce qui me regardait de haut parce que je n’avais pas d’âme, y prenant un malin, un délicieux plaisir sadique. Pourtant je continuais à éprouver cette joie brutale et violente, comme s’il y avait toujours des personnes ici. De l’irritation, Lycos jappait, il était énervant. Je me retournai et envoyai une chaîne vers lui, elle le traversa sans lui faire de ml et creusa de profonds sillons dans le sol, labourant la chaire.
-Tais-toi ! Je t’ordonne de te taire ! rugis-je.
Il se tut. Je tentai de me calmer, pourtant j’avais envie de destruction. Ça me faisait bien rire, ce dôme d’acier, toutes ces protections autour du cimetière, futiles et puériles, pour empêcher que quiconque ne vienne s’amuser ici. Il en fallait plus pour m’arrêter, moi, je les avais traversées sans guère de problèmes, nuage de fumée dans la nuit, me déplaçant quasiment u gré du vent, ne sachant pas où j’allais, jusqu’à ce que les sentiments des Anges ne m’assaillent. Des Anges ? Mais ils étaient tous morts ! De qui alors ? Des morts, sans doute… Je grognai, rageur d’avoir été dupe, et défonçai plusieurs tombes en traversant le sol organique, déchiquetant les corps et atténuant un peu les sentiments qui me submergeaient. Pas complètement. Je le savais, du fond de mon intelligence sans âme, qu’on ne tuait pas un mort, que même en charcutant chaque corps de ce cimetière, je continuerais à ressentir les sentiments des défunts, et plus encore celui des fantômes, les Victimes que je ne supportais pas tant mon empathie me rendait sensible à ces créatures. Je regardai Lycos et me laissai tomber par terre. La bête verte s’approcha, sa tête diaphane gagnant puis perdant successivement en opacité posée sur mes genoux. Je ne pouvais pas le sentir, e même si c’avait été le cas, je ne l’aurais pas caressé. Je l’aurais sans doute tué, cet imbécile de chien. Il ne servait strictement à rien, pourtant il me collait aux basques sans arrêt depuis des mois. Impossible de le laisser derrière moi, il semblait être aussi immatériel que je pouvais l’être, traversant murs et obstacles et se déplaçant à des vitesses phénoménales pour me suivre, pourtant, il ne semblait jamais savoir quelle forme adopter, hésitant entre l’humanoïde, le canidé, moi, certaines des bêtes que nous croisions.
-File…dis-je sans trop y croire, envoyant une claque vers sa tête, qui lui passa de nouveau à travers.
Mélancolie…J’étais assis contre une pierre tombale et je regardais le dôme d’acier. Peut-être quelqu’un viendrait-il, partager ses pensées avec moi, ses sentiments, me tirant de ces souvenirs d’un temps passé, meilleur, que je n’avais pourtant pas connu, à part si l’on considère la non-existence comme préférable à la semi-existence qui étai mienne… |
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